Faire comme bon me semble

Bonjour mes petits Cro’ cœurs.

Aujourd’hui je me suis amusée avec mes aquarelles…j’ai joué avec la fluidité de l’eau pour que les couleurs se mélangent sur le papier,  je me suis prise au jeu des transparences, de l’interpénétration des couleurs. C’est ce qu’il y a de magique dans l’aquarelle. Dessiner une forme par la pointe du pinceau, lui faire prendre les courbes d’une feuille , y déposer une goutte de couleur et venir la chatouiller avec une teinte opposée et regarder…se délecter des couleurs qui dans la moiteur de  leur union mélangent leurs pigments pour enfanter d’autres teintes. Certaines s’épousent d’autres se chassent. Quelques traces de bougies dessinent  les branches d’un arbre tandis que les gouttelettes  d’encres glissent sans prise sur la paraphine .  Les puristes diront que je ne fais pas de l’aquarelle car je sature trop mes couleurs, car je ne travail pas suffisamment avec le blanc du papier, mais surtout parce que je cerne mes sujets….et ILS AURONT RAISON, MAIS JE M’EN MOQUE. Ce que je veux c’est ME FAIRE PLAISIR, c’est créer les choses comme je les ressens, ou simplement comme je suis capable de les réaliser.

Mon sujet aujourd’hui est : les jardins éphémères de la Place Stanislas à Nancy. Chaque année après les manifestations du livre sur la place (salon du livre qui ouvre la saison littéraire) les pavés qui entourent la statue de Stanislas sont recouverts pour une période d’environ un mois d’installations et de jardins. Mobilier en bois, fontaines, parcours de découverte…plantes et fleurs de toutes sortes s’offrent au regard d’un public beaucoup trop nombreux pour que j’ose m’installer avec mon matériel.

Donc je me suis bien promenée, j’en ai pris plein les yeux, plein les narines aussi à la recherche des effluves des fleurs, et j’ai fait quelques photos  et je suis rentrée pleine d’inspiration à la maison

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Et là je me suis installée à ma table et j’ai sorti mon bloc à dessin le plus précieux…. Celui de Jean Scherbeck, pour certains d’entre vous ce nom est réputé. Dessinateur et illustrateur, nancéien il fut l’élève d’Emile Friant et de Henri Royer avec lequel il travailla en Bretagne jusqu’en 1935, pratiquant la peinture et le pastel. Il consacra pratiquement toute sa vie aux portraits surtout ceux d’hommes et de femmes d’un certain âge. Ces « Mâmiches  » de Lorraine sont célèbres mais sa renommée franchie les frontières de la région avec ses Gens de Bretagne  et Gens d’Alsace. Les portraits il n’a pas fait que les dessiner il les  a photographiés aussi du côté de la rue Raymond Poincaré à Nancy. Des hommes les plus célèbres, aux niveaux nés  du voisinage, en passant par les GI’s qui ont libérés Nancy, peu de personnes ne sont pas passés à travers son objectif…

Vous comprendrez donc mon émotion quand Jean-Pierre son petit fils pour sauver ce bloc des gribouillis de ses jumelles me l’a offert. LE BLOC A DESSIN DE JEAN SCHERBECK, je n’ose même pas y toucher. Pendant plusieurs jours il est resté religieusement posé sur mon fauteuil, comme si c’était  lui qui était là. Je ne pouvais me résoudre à utiliser ce bloc et en même temps il ne cessait de me donner l’envie de le tester rien que pour voir ce que ça fait. Et là j’ai vu, plutôt j’ai senti , ma main qui dansait sur la feuille. Chaque trait, chaque touche, se posait avec justesse  j’étais en transe…. pour moi Jean Scherbeck était présent dans ce bloc de papier. Il guidait mon trait, il dessinait avec moi. Pour preuve  ce portrait au fusain que j’y ai réalisé….. Jamais je n’avais dessiné de la sorte, alors  je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi c’est une évidence….il était là.

 

 

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Le dessin comme thérapie

Depuis quelques semaines je retrouve un petit groupe de personnes à qui je dispense des cours de carnets de voyage. L’objet de ce cours était d’enseigner le croquis, la prise de note et la mise en page pour  réaliser  des carnets. Mais à les écouter c’est bien plus que cela. Mes cours sont divisés en 2 temps, d’abord une partie technique durant laquelle j’enseigne les traits de croquis, l’usage des encres et de l’aquarelle, l’apprentissage du geste libéré, les techniques graphiques diverses. La seconde partie est consacrée à l’apprentissage de la mise en page  afin de valoriser, dessins, croquis réalisés, textes et objets collectés.

Et là c’est la révélation!

Non seulement chacun de mes élèves se rend compte qu’il est capable de dessiner mais en plus de ses quelques traits, dès le premier cours c’est une satisfaction. Je m’attendais à entendre leur satisfaction  de voir à partir de ces quelques boucles, traits ou hachures apparaître leur premier petit paysage. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils discutent des bienfaits du dessin sur leur humeur, leur état de bien-être, leur état de quiétude et de relaxation. Marie après avoir réalisé son deuxième cours m’annonce avec une voix pleine de gratitude que :  » ce cours est pour moi   encore mieux qu’une séance de méditation en plus c’est vraiment une activité que je partage avec mon compagnon, on se sent en harmonie » Je n’en reviens pas! Déjà Marie-Claude qui vient pour la seconde année m’avait dit que ce cours était pour elle le moyen d’oublier quelques heures  ses douleurs et traitements.

 

Je les interroge donc sur ce ressenti. Chaque membre du groupe m’évoque les bienfaits de ce cours et j’en suis la première surprise ( même si je sais que pour moi le dessin est vital, il est mon équilibre et mon échappatoire mais je le pratique depuis 30 ans). Voici quelques phrases que j’ai relevées de leurs discussions.

Quand je dessine j’oublie tout – Je laisse mes soucis en dehors – Cela me calme et m’apaise – J’ai toujours eu envie de dessiner et je découvre que je suis capable de le faire – Je regarde la vie autrement – Non seulement j’apprécie la sensation de plaisir au moment ou le dessin apparaît sur ma feuille, mais j’éprouve un sentiment de fierté quand je regarde le résultat lorsque je la montre à mon mari – J’ai un vrai sentiment de réussite –  Au bout de quelques semaines, j’ai réalisé que plus je me concentrais sur une page, plus je m’apaisais. J’ai l’impression de méditer ! J’en sors sereine et reboustée. 

S’extraire du quotidien

Que ce soit les écrans de toutes sortes, les soucis professionnels, de santé ou juste les enfants, charmants mais épuisants, il  nous est vraiment difficile de lâcher prise et, parfois, on rêve de se téléporter loin, très loin. Que ce soit en groupe lors de séances de dessin,  dans les transports, dans une salle d’attente, durant une pause, il est toujours bon  de sortir un papier et un crayon pour s’extraire du poids du monde qui nous entoure.

Pourquoi ça marche ? Cette qualité d’attention particulière favorise l’évasion. Selon la psychiatre Catherine Bouchara, auteur de « Charcot, une vie avec l’image »( éd. Philippe Rey) « comme d’autres arts, le dessin nous permet d’être ici et ailleurs en même temps. On parvient à faire abstraction du monde qui nous entoure, à laisser de côté nos préoccupations. Cette bulle offre un profond repos à l’esprit. »

On peut faire des aquarelles, des portraits, des paysages, ou bien juste « griffonner » sur un coin de nappe en papier, le principal, est de se donner l’autorisation de s’exprimer par le trait, et non systématiquement par la parole.
Quand le dessin est réalisé, l’inconscient est touché. On révèle ainsi, sans le vouloir, notre identité. On projette notre état d’âme au moment même où le dessin se réalise.
Le dessin, précise Catherine Bouchara, a la capacité de faire jaillir de soi quelque chose dont on n’a pas forcément conscience.

Projeter hors de soi sa vision du monde

Choisir un point de vue, organiser ses motifs, choisir une couleur plutôt qu’une autre, c’est déjà faire preuve de  créativité de volonté. Au travers des couleurs, on apprend à dompter la réalité, à la faire devenir plus acceptable. Cela marche car, en mettant notre vie en morceau par l’intermédiaire d’un dessin, on apprend à mieux la connaître, la comprendre, l’apprivoiser.
Le dessin est la signature de notre être. C’est une activité qui permet de délier les langues sans
avoir à ouvrir la bouche. On verbalise sous la forme d’un mélange de couleurs, d’un tracé. C’est
le principe de l’ART THERAPIE.

« Ma racine est au fond des bois » Emile Gallé

Les vacances sont bien terminées de retour à Nancy le temps se prête aux flâneries dans les jardins. Un de mes préféré est celui de la maison Corbin qui abrite le musée de l’Ecole de Nancy. Vous y découvrirez dans un petit jardin toutes les plantes qui ont inspiré les artistes de l’Ecole de Nancy.

 

Ma petite aquarelle du buste de Louis Majorelle

Emile Gallé, Louis Majorelle, les frères Daum,  Victor Prouvé, Emile André sont quelques artistes dont le nom évoque l’Ecole de Nancy mais ils sont bien plus nombreux à Nancy, l’Art nouveau prend le nom d’Ecole de Nancy, qui allie les industries d’art, de la verrerie, du mobilier ,du vitrail, de la céramique, de la  ferronnerie, de l’architecture, etc., Parfaitement au fait des techniques modernes de leur temps les artistes de l’Ecole de Nancy regardent également du côté des sciences de la nature, parce qu’elles sont l’expression même de la vie. Ils fréquentent l’Ecole forestière et dessinent avec passion les fleurs des champs avant de les transposer sur le verre, le bronze ou le bois, le métal . . . Bien avant que l’idée d’écologie ait fait son chemin, la nature est partout présente sur leurs objets pour attirer l’attention sur un monde aussi précieux qu’il est fragile.

Le musée est situé au 36 rue du Sergent Blandan dans l’ancienne propriété  d’Eugène Corbin le plus important mécène et collectionneur de l’École de Nancy.  Dans un décor ambiance 1900 , les meubles, les objets d’art, les verreries, les céramiques, les tissus témoignent de la diversité des techniques travaillées par les artistes de l’École de Nancy.  Vous y découvrirez les pièces les plus emblématiques de l’Ecole de Nancy :   la porte en chêne des ateliers Gallé , un monument funéraire,

et un pavillon aquarium.

qui agrémentent le jardin ( pour en savoir plus sur le jardin télécharger le pdf du musée)

Si vous y prêtez attention, si vous levez un peu le nez vous vous rendrez-compte à travers les rues de Nancy le grand nombre d’éléments décoratifs sur les maisons qui sont le fruit de ce mouvement. L’office de tourisme de la ville vous propose 4 parcours découverte sur les pas de l’école de Nancy.

Je vous invite donc à parcourir Nancy le nez au vent.

Pochette de 20 planches et découpes en volume  en auto édition série limitée numérotée, prix public 45 euros

 

Parce que nous sommes tous des grands enfants

La rentrée approche à grands pas, mais j’ai encore bien l’esprit en vacances. Hier alors que je suivais un défi de croquis, le thème était  :  » dessiner une ou plusieurs chaises ». Pas très inspirée et  franchement pas envie de m’enfermer dans  mon appartement sans terrasse, ni salon de jardin.

Je me replonge alors dans mes photos de Bretagne et tombe sur celles de LIZIO. Hameau situé dans le pays de Malestroit, LIZIO est niché dans la verdure, une terre où la nature enchanteresse divulgue les charmes de son patrimoine et éveille les sens. Lizio, village de caractère de Bretagne, fière et belle, où s’égrènent çà et là de vieilles demeures en habits de lierre, des fours à pain, de vieux moulins, ces témoins oubliés qui nous content leur histoire.

Comment ne pas succomber au charme fou de cette vieille chaise couverte de fleurs. Mon sujet de dessin est tout trouvé.

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Et voilà je m’y mets

Il fallait bien que moi aussi je m’y mette. Donc voilà je franchis le pas de la tenue d’un blog…et là autant vous dire que rien n’est gagné. Pas franchement douée pour tout ce qui touche au net. Mais j’avais vraiment envie de partager avec vous mon petit monde créatif.

Il est vrai que je suis remontée à bloc, je rentre de Bretagne avec un certain nombre de pages de carnet sous le bras et je vais vous les faire découvrir. Au début je vais essayer de vous retrouver une fois par semaine, le temps de comprendre un peu comment ça se passe…. après on verra

Pour mon premier article je vous emmène à Caden

Caden (mais dire cadin) est un petit bourg situé en bas  du Morbihan entre Vannes et Redon à 12 kilomètres de Rochefort en Terre ( le village élu en 2016 comme village préféré des Français).

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